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Composer avec le cancer durant le temps des fêtes.

Vivre avec le cancer durant le temps des fêtes : suggestions pour cultiver la vie.

Le temps des fêtes est un temps dans l’année généralement associé à des idées de joie, de bonheur, de réjouissance, d’espoir, de renaissance et d’amour. En contrepartie, ce temps est aussi synonyme de stress et de tension. De par les traditions culturelles et sociales de notre société, le temps des fêtes est souvent le lieu d’une préoccupation constante quant à la planification des réceptions, de l’achat des cadeaux, de l’élaboration des menus, de l’anticipation des réunions familiales, etc. Le temps des fêtes est aussi un moment où l’on se remémore les souvenirs d’enfance (les fêtes d’antan, les repas traditionnels, la musique, etc.), où l’on fait un bilan de notre dernière année et que l’on établit nos souhaits et résolutions pour l’année à venir. Pour tous et chacun, le temps des fêtes est donc souvent empreint d’émotions intenses et contradictoires allant de l’excitation, à la joie, à l’anxiété, à la tristesse et au bonheur.

Ces aspects caractéristiques du temps des fêtes et ces variations d’émotions peuvent être d’autant plus véridiques lorsqu’une personne est touchée par le cancer. En effet, combiner l’atmosphère du temps des fêtes au fait de vivre avec le cancer peut devenir un véritable défi émotif, et ce, autant pour la personne, la famille, les amis et les connaissances touchées par le cancer.

Dans l’objectif de vous accompagner dans ce défi, voici différentes suggestions pour favoriser le confort et cultiver la vie durant cette période du temps des fêtes.

Suggestions à la personne qui vit avec le cancer

Préciser ce que représente le temps des fêtes, en définir les valeurs essentielles. Prendre un moment pour réfléchir sur ce que représente le temps des fêtes pour soi, en termes de valeurs émotives, religieuses et sociales. Précisez ce que l’on aime de ce temps de l’année le type de nourriture, de boisson; les décorations. Se souvenir de ce qui nous réjouissait du temps des fêtes quand nous étions enfants.

Prioriser vos valeurs. Prioriser, en terme de valeur émotive, les valeurs listées associées au temps des fêtes et les classer selon leurs aspects réalistes et réalisables dans le contexte actuel de votre parcours en oncologie.

Adapter le temps des fêtes. Mettez vos valeurs prioritaires du temps des fêtes au cœur de votre planification. Trouvez une façon de célébrer efficacement et simplement. Si vous devez adapter votre diète, informez vos proches ou proposez d’apporter votre repas. Ayez des attentes réalistes. Tout n’a pas à être parfait ou conforme à votre idéal perçu de ce que doit être le temps des fêtes. Bien au contraire, l’important est d’être en harmonie avec vos besoins et vos valeurs associées au temps des fêtes. Prenez le temps de vous faire de simple plaisir, que ce soit d’aller voir les lumières de Noël, les décorations du temps des fêtes dans les rues de votre quartier, le concert d’une chorale, regarder un film de Noël, etc.

Être empathique envers soi. S’accorder la permission de célébrer ce temps des fêtes particulier au mieux de ses capacités physiques et psychologiques. Essayer de s’adapter aux différentes limites (physiques et émotives) qui peuvent accompagner l’étape du parcours en oncologie où vous en êtes présentement (nouveau diagnostic, période de traitement, récidive, rémission). Accordez-vous le temps de ressentir et d’exprimer vos émotions. Il est fréquent que des émotions de tristesse, de crainte, de peur, d’injustice, d’isolement, de colère et de solitude, se mélangent aux émotions plus heureuses associées au temps des fêtes. Les traditions du temps des fêtes peuvent parfois, souligner, chez certaines personnes, la perte de leur vie avant le cancer et augmenter la perception que leur vie est devenue si différente. Rappelez-vous que le temps des fêtes n’a pas à être un moment parfait. Permettez-vous d’avoir un plan de sortie à utiliser en cas de besoin lors de situations sociales inconfortables. Si vous avez besoin de vous retirer plus tôt ou préférer écourter une fête très dynamique (petits enfants très actifs, un grand nombre d’invités, etc.), faites-le en toute confiance et sans explication complexe. Dites simplement comme vous vous sentez.

Prendre soin de soi. Prévoir des périodes de repos, de relaxation, de détente, d’exercice physique, de promenade à l’extérieur, pour refaire le plein d’énergie. Vous assurez de bien vous nourrir et de vous hydrater. Respectez la prise de vos médicaments et vos périodes de traitement. Mettez votre vie au cœur de l’ensemble de vos activités du temps des fêtes.

Soyez créatif-inventez de nouvelles traditions du temps des fêtes. Si votre façon traditionnelle de célébrer le temps des fêtes, vous semble inadaptée pour l’heure actuelle, soyez créatif et innovez. En fonction de vos valeurs et de votre situation économique, proposez que chacun puisse contribuer en apportant un plat, optez pour une formule buffet, suggérez de célébrer au restaurant, offrez-vous le service d’un traiteur, proposez un échange de cadeaux afin de limiter les soucis de magasinage, permettez de vous d’utiliser les services d’achat en ligne ou par téléphone. Offrez un cadeau symbolique (une lettre, un artisanat, une chanson, etc.).

Partagez vos émotions. Difficile pour l’autre de savoir comment être présent si l’on ne dit rien. Exprimer ses émotions est l’une des façons de recevoir le soutien et la présence des personnes significatives de notre vie. Pleurer avec une autre personne peut-être une source de réconfort. Rire peut être libérateur, et partager nos peurs et anticipations peut-être apaisant. Il est tout à fait fréquent de vivre un mélange d’émotion face à l’avenir en cette période de l’année propice au bilan. Vous n’êtes pas seul dans cette situation. Il y a fort à parier que vos proches partagent vos préoccupations face à votre avenir. Au lieu de vivre ces émotions en parallèle, chacun de son côté, en voulant se protéger l’un et l’autre, permettez-vous de créer des ponts entre vos émotions respectives. Si vous avez besoin de parler avec une personne neutre et disponible, demandez à votre équipe médicale si vous pouvez rencontrer un professionnel de la santé (psychologue en oncologie, infirmières, travailleurs sociaux). Des psychologues spécialisés en oncologie sont aussi disponibles en clinique privée.

Entourez-vous – exprimez vos besoins. Dans la mesure du possible, entourez-vous durant le temps des fêtes. Acceptez les invitations, acceptez de vous faire recevoir. Si vous tenez à recevoir alors, demandez et organisez l’aide dont vous avez besoin pour que votre projet du temps des fêtes soit un succès. Au besoin, permettez-vous de vous affirmer et souvenez-vous que vous n’avez pas à tout faire et encore moins de faire ce que vous ne voulez pas, et ce, surtout, si vous ne vous sentez pas à la hauteur. À moins que cela ait été dans vos habitudes avant le cancer, choisir de célébrer en solitaire le temps des fêtes, peut-être un défi émotionnel très difficile et nuisible. Nous vous invitons à accepter d’être entouré et de partager vos émotions avec les personnes significatives dans votre vie. Si vous ne sentez pas du tout en mesure de vous déplacer, utilisez la technologie moderne : visio-conférence via internet, enregistrer un message vidéo, etc.

Période de traitement-chimiothérapie. Si vous êtes en période de traitement, en chimiothérapie, il se peut que vous ayez des questions, des craintes quant aux rencontres sociales durant le temps des fêtes. Un des effets possibles de la chimiothérapie est un abaissement temporaire du système immunitaire (immunosuppression). Pourtant, tout comme durant le reste de l’année, la vie continue durant la chimiothérapie. Il en est de même durant le temps des fêtes! La vie est là. Vous êtes invités à une fête de famille et l’on vous informe qu’un des invités à un virus, alors soyez créatif! Inventez de nouveaux rituels de tendresse (câlin à distance, bisous coude à coude, coco à coco), utiliser un masque protecteur, durant la soirée échanger des mots (dessins) doux par écrit envoyés par un messager externe, utiliser les moyens modernes de communication, par exemple la visio-conférence via internet, les SMS, le téléphone etc. En ce temps des fêtes, le plus important : favoriser les contacts sociaux et les câlins, quitte à faire preuve d’imagination pour préserver la sécurité physique. Si vous avez des craintes persistantes à ce sujet, plutôt que de vous isoler, nous vous invitons à poser l’ensemble de vos questions à ce sujet à votre médecin traitant et à votre infirmière pivot.

Célébrer oui, avec équilibre. Il est important de trouver le bon équilibre entre les festivités et le temps pour récupérer et prendre soin de soi. Il se peut qu’il soit plus sage de refuser un nombre trop important d’invitation. Soyez à l’affût de votre niveau d’énergie, et soyez présent aux célébrations les plus significatives émotionnellement pour vous. La fatigue est un effet secondaire commun durant et après les traitements contre le cancer. Il est tout à fait normal de constater que son niveau d’énergie fluctue plus rapidement au cours d’une même journée.

Recevoir de l’aide. Laissez les autres vous aider. Donnez-vous la permission de déléguer. Si vous trouvez difficile l’idée d’accepter de l’aide, dites-le à votre entourage, et à ce moment soyez spécifique dans la façon que vous aimeriez que vos proches vous aident. Trop c’est comme pas assez. Vous recevez justement trop d’aide, à un point tel que vous avez l’impression de plus être en mesure de participer aux célébrations du temps des fêtes, dîtes-le. Partager vos ressentis avec vos proches afin que tous puissent trouver le juste équilibre dans le désir de vouloir bien faire.

Un temps des fêtes différent oui, et. Bien que ce temps des fêtes soit différent, étant donné votre défi de santé, le cancer n’a pas à dominer l’ensemble de vos célébrations. Il est possible de choisir comment vous souhaitez vivre émotionnellement ce temps des fêtes. Tout comme il est impossible de vous demander d’ignorer votre cancer, il est impossible de vous demander de célébrer le temps des fêtes comme si de rien n’était. De fait, il s’agit davantage de trouver votre façon d’adapter, de réorganiser et de vivre ce temps des fêtes tout à fait unique, afin d’être en harmonie avec vos valeurs personnelles face au temps des fêtes.

Choisissez, à l’avance comment vous souhaitez parler de votre défi de santé. Permettez-vous un moment de réflexion quant à savoir à qui et ce que vous voulez partager par rapport à votre état de santé. Assurez-vous d’être toujours confortable dans vos révélations. Dans le cas où vous préféreriez de ne pas répondre, préparez-vous une phrase clé qui vous permettra d’être confortable et de changer de sujet. En parallèle à votre défi de santé, la vie quotidienne de tous et chacun continue. Aussi, considérer les défis de vie de chaque personne et révéler des informations personnelles en fonction de ce que vous jugez que l’autre personne peut recevoir.

Suggestions aux proches aidants

Consulter la personne touchée par le cancer. Prenez le temps de lui demander ses attentes, ses besoins. Évitez de décider pour la personne. Tout en voulant soulager et aider votre proche, il se peut que le temps des fêtes, représente un moment très important. Par trop de gentillesse, on peut provoquer l’effet inverse et renvoyer à la personne que l’on aime, uniquement l’image qu’elle est malade et qu’elle doit composer avec le cancer.

Planifier votre temps des fêtes. Décidez si vous souhaitez continuer certaines traditions, en mettre de côté pour cette année ou en créer de nouvelles. Précisez ce qui est émotivement important pour vous durant ce temps des fêtes. Soyez créatif et réaliste, modulez vos attentes. Planifiez à l’avance comment vous voulez passer votre temps, avec qui et pour combien de temps. Donnez-vous la permission d’obtenir un soutien pour l’organisation des festivités : préparation des repas, nettoyage, décoration, etc. Soyez compréhensif, et favorisez la communication, si d’autres membres de votre entourage s’énervent ou expriment de la détresse lorsque quelque chose va de travers. Il y a des chances que l’ensemble de l’entourage et des invités ressentent aussi les effets du stress et la pression de ce temps des fêtes particulier. Rappelez-vous que le temps des fêtes n’est pas synonyme de perfection. Permettez-vous de dire non. Vous pouvez choisir à quels événements vous aimeriez participer. Croyez-le ou pas, les gens vont comprendre si vous choisissez de vous reposer et de prendre soin de votre être cher.

Prendre soin de soi. Prévoir des périodes de repos, de relaxation, de détente, d’exercice physique pour refaire le plein d’énergie. Vous assurez de bien vous nourrir et de vous hydrater. Offrez-vous des moments privilégies, des moments importants pour vous pour souligner le temps des fêtes. Évitez de vous apaiser par des boissons alcoolisées, l’alcool étant de fait reconnu comme étant un dépresseur, elle peut induire ou augmenter les émotions difficiles (tristesse, anxiété, injustice, colère, etc.).

Reconnaître, exprimer, partager ses émotions. Offrez-vous la permission de ressentir vos émotions, que ce soit la joie, le bonheur, la tristesse, l’anxiété, la peur, l’injustice, la colère ou l’espoir. Exprimez et partagez vos émotions avec la personne atteinte de cancer. Au lieu de vivre les émotions en solitaire, en parallèle à l’autre, sous prétexte de la protéger, permettez-vous de créer des ponts entre vos émotions respectives. Soyez patients avec vous, avec l’autre et avec votre entourage. Il est tout à fait fréquent de vivre un mélange d’émotion durant cette période. Il est attendu qu’une partie de vous s’interroge à savoir si ce temps des fêtes sera le dernier, et comment sera le prochain. Or, il est tout à fait impossible de répondre à cette question avec certitude. Essayez dans la mesure du possible, d’orienter vos pensées et vos émotions dans l’instant présent et sur ce qui vous fait du bien durant ce temps des fêtes. L’avenir est imprévisible, alors que le présent est la vie, là, maintenant.

Cultiver la vie. Prenez le temps, de vivre des moments hors cancer, en accord avec vos valeurs du temps des fêtes. Évitez que votre monde et celui de vous être cher se réduise à la maladie. Offrez-vous des moments à deux, des bulles de suspension, des temps de bonheur tout simple. Pensez à vivre à côté. Regardez un film amusant, allez voir les lumières de Noël, marchez sous la neige, écoutez de la musique, choisissez un menu de fête ensemble, etc. Cultivez la vie.

Suggestions aux proches de la personne touchée le cancer

Face à l’inévitable. La maladie de l’autre nous met face à notre propre fragilité. Le cancer, maladie trop souvent associée à la mort, nous met face à notre mortalité. C’est ainsi souvent, pour la plupart d’entre nous, une source d’angoisse. Tout à fait normal de se sentir mal à l’aise, anxieux, de ne pas trop savoir comment aborder l’autre durant le temps des fêtes, période de réjouissance et de vœux. Comment agir ? Éviter, se retirer, faire comme si de rien n’était, parler de tout et de rien. Au contraire, tout faire, être trop présent, en oublier que l’autre existe en dehors de la maladie. Aucun des deux. Alors, quoi faire ? Être authentique.

Soyez authentique, soyez vrai. Personne n’est obligé de savoir comment se comporter, ni même d’être confortable dans une telle situation.De fait, l’essentiel n’est pas de savoir à l’avance quoi dire ou comment agir, mais de savoir ce que souhaite la personne elle-même. On peut lui téléphoner, lui écrire, on peut se renseigner auprès des proches ou auprès de l’équipe médicale si elle est hospitalisée. Au lieu de faire semblant d’être à l’aise, et de lui parler de la pluie et du beau temps, soyez authentique, soyez vrai et partagez votre ressenti avec celui ou celle que vous visitez : « Tu sais, je ne suis pas très à l’aise, je ne sais pas quoi te dire, je voudrais tellement t’être utile et je ne sais pas vraiment comment, est-ce qu’il y a quelque chose que je pourrais faire pour toi ? » Souvent, votre simple authenticité rendra votre proche heureux.

Portez votre attention sur la personne. Centrez-vous sur ce qui est important émotivement pour votre proche, écoutez-le, partagez ses passions et ses intérêts, écoutez « les silences » qui peuvent être présents. Selon votre confort d’intimité, permettez-vous la proximité physique, les câlins, les marques de tendresse.

Soyez réceptifs aux émotions. Entendez les émotions que la personne exprime. Nul besoin de remonter le moral avec des paroles telles que : « Tu verras, tu iras mieux très vite ; D’ici trois semaines, le soleil reviendra », se sont de fausses réassurances. Au contraire, validez ce qu’exprime la personne : « C’est vrai, cela doit être difficile pour toi en ce moment ». Aussi, il arrive que des personnes préfèrent ne pas parler de qu’elles ressentent et préfèrent bénéficier de votre visite pour discuter de d’autres sujets, parler de la vie, évoquer des souvenirs agréables ou des moments qu’elles ont partagé avec vous.

Respectez vos engagements. Si vous promettez de rendre visite à un proche touché par le cancer, allez-y. Les sensations d’isolement et de solitude sont souvent présentes chez la personne avec un défi de santé. Il est préférable de ne rien lui promettre ou de dire franchement notre incertitude plutôt que de ne pas respecter une promesse. Soyez sincère.

Des souhaits ? Durant le temps des fêtes, il est coutume de souhaiter des vœux pour la prochaine année. Il est possible que vous soyez mal à l’aise sur comment formuler vos vœux. Alors pourquoi pas, tout simplement demander à votre proche ce qu’il ou elle désire pour la prochaine année? Quels sont ses rêves, ses désirs, ses projets? Une fois la réponse entendue, lui souhaiter de tout cœur une réalisation de son souhait. Vous pouvez aussi lui souhaiter la santé émotive et spirituelle. En effet, peu importe l’état de santé physique, il est toujours possible de cultiver la santé émotive et spirituelle. Et rappelez-vous, une visite à un proche sert aussi à lui dire en toute sincérité, son amitié, son amour, et sa gratitude envers tout ce qui a été vécu ensemble jusqu’à présent. On ne le dit jamais assez.