CLINIQUE PSYMEDICIS
ONCO-PSYCHOLOGIE, PSYCHOLOGIE DE LA SANTÉ, NEUROPSYCHOLOGIE.


  Contactez-nous : (514) 663-7796

Que ce soit de composer avec le cancer, avec un défi de santé (préparation à une chirurgie, douleur, décision médicale), avec une défi d’ordre neuropsychologique ou avec tout autre défi de vie (stress envahissant, anxiété, dépression), nous vous accompagnerons.

Difficultés cognitives et cancer

De retour au travail et la tête comme un nuage. Après avoir mis autant de cœur dans le suivi des traitements, je me suis dit : « Enfin, tout est terminé, tout va redevenir normal ». Et pourtant!

Vous êtes de retour au travail et votre mémoire joue à cache-cache avec vous. Vous êtes en conversation avec les collègues, vous savez exactement ce que vous voulez dire, mais le mot précis se cache quelque part dans votre tête. Vous perdez le fil de vos idées, vous avez de la difficulté à suivre une conversation. Vous, si fort en planification, vous ne vous retrouvez plus et avez l’impression d’être moins efficace qu’avant. Vous oubliez un rendez-vous avec un client, le nom d’une personne, d’aller récupérer quelque chose d’important. Vous commencez une tâche et puis votre attention se dirige vers une autre, et puis encore une autre, etc. Votre patron vient tout juste de vous demander d’accomplir une tâche, et pourtant vous n’avez aucune idée de ce que cela pouvait bien être. Tout simplement, vous avez l’impression que votre cerveau s’est mis à la vitesse « tortue à reculons », que votre attention varie au gré des événements, que votre tête est comme un nuage.

Au fil des jours, vous doutez de vous, vous commencez à vous déprécier et peut-être même à ressentir tristesse, irritabilité ou colère. Votre cerveau, toujours fidèle à son poste, se dépêche de trouver toutes sortes de raisons : « C’est tout simple. Vous êtes fatigué, stressé, peut-être même en dépression ou tout simplement, est-ce le défi de vivre avec le cancer? ». Et voilà que le bal des pensées envahissantes et intrusives de l’anxiété reprend son cours : « Et si j’étais, en plus, en train de perdre la tête? »

Et bien, sachez que cette mémoire qui joue à cache-cache est fort probablement attribuable à un effet secondaire associé aux traitements oncologiques fréquemment appelé « chemobrain », « chemofog », « cancer-therapy associated cognitive change »; et en français « brouillard cérébral » ou « déficit cognitif secondaire aux traitements oncologiques».[1].

Les recherches se poursuivent depuis plusieurs années afin de saisir la cause du brouillard cérébral, les façons de le prévenir et surtout de le soigner. À ce jour, nous savons que cet effet secondaire est associé aux agents chimiothérapeutiques : Cisplantin, 5-FU et les Taxanes; à l’hormonothérapie par Tamoxifène et à la radiothérapie visant les zones cérébrales [2-5]. Le brouillard cérébral est, en partie, dû à la neurotoxicité de ces traitements, ce qui contribue à ralentir l’efficacité du cortex préfrontal, siège des fonctions cognitives de haut niveau : planification, résolution de problème, stratégies d’organisation, mémoire à court terme et régulation émotionnelle.

Ce brouillard cérébral est-il uniquement induit par les traitements oncologiques, et donc un état que neurophysiologique ou est-il le résultat d’une interaction entre les traitements oncologiques, les hormones de stress, la fatigue et les composantes cognitives des émotions? Seule l’avancée de la science nous permettra d’y répondre.

Si vous vous reconnaissez dans la description du chemobrain (brouillard cérébral),  communiquer avec nous. Nous nous ferons un plaisir de vous guider. Nous offrons un protocole d’évaluation neuropsychologique spécifique au chemobrain. Pour avoir plus d’informations sur nos processus d’évaluation en neuropsychologie, cliquez ici.

Références

1. Argyriou, A.A., et al., Either Called « Chemobrain » or « Chemofog, » the Long-Term Chemotherapy-Induced Cognitive Decline in Cancer Survivors Is Real. Journal of Pain and Symptom Management, 2010. 41(1): p. 126-139.

2. Joly, F., et al., Cognitive dysfunction and cancer: which consequences in terms of disease management? Psycho-Oncology, 2011.

3. Raffa, R.B.T., Ronald J., Chemo fog: cancer chemotherapy-related cognitive impariment. 2010, SpringerLink: New York.

4. Vardy, J., et al., The fog hasn’t lifted on « chemobrain » yet: ongoing uncertainty regarding the effects of chemotherapy and breast cancer on cognition. Breast Cancer Research & Treatment, 2010. 123(1): p. 35-7.

5. Zelek, L.Z., Nicole, Aider à vivre après un cancer. 2010, Springer-Verlag: Paris.